Collines calcaires du Bischenberg et environs à Rosheim, Boersch, Bischoffsheim et Obernai

ZNIEFF_I Code : 420007204

883 ha 5 communes
Voir sur la carte interactive

Localisation

Présentation

Collines calcaires du Bischenberg et environs à Rosheim, Boersch, Bischoffsheim et Obernai est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 883 hectares sur 5 communes. Cette zone inclut 11 forêts publiques. Elle comprend 4 099,7 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Cette ZNIEFF I constitue l’extrémité sud de la ZNIEFF II FR420030470 (Collines du Piémont vosgien avec grands ensembles de vergers, de Gresswiller à Obernai), et s’étend entre Rosenwiller, Rosheim, Bischoffsheim, Obernai et Boersch. Elle rassemble deux entités assez distinctes : le coteau de vergers remarquablement conservés du piémont de Rosheim à Boersch à l’ouest et les collines du Bischenberg (361m) et du Mont-National (321m) à Bischoffsheim à l’est.

N’étant pas adossé à de hautes montagnes, le secteur de Rosheim-Bischoffsheim ne profite que modérément de l’effet parapluie de la chaîne vosgienne. Cela explique que ce secteur ait plus été planté de vergers que de vignobles. « Dans toute la zone des collines de la moyenne Alsace - de Bischoffsheim à Westhoffen - la culture des arbres fruitiers à toujours été florissante, et leurs produits jouissent d’une bonne renommée : mirabelles, quetsches, cerises, pommes » écrivait Kapp, E. en 1976. Outre ces fruitiers classiques, le Cormier (Sorbus domestica), issu des chênaies thermophiles était autrefois cultivé (Kapp, E., 1976), mais ne s’observe plus que rarement, de façon subspontanée.

La forêt primitive était une chênaie thermophile de Chênes sessiles (Quercus petraea) et de Chênes pubescents (Quercus pubescens) avec le Prunier de Sainte-Lucie (Prunus mahaleb) et son cortège d’arbustes associés. Elle se maintient encore sous forme de lambeaux de pré-bois dominés par des Chênes de petites dimensions, présentant localement un aspect naturel. Une flore exceptionnelle s’est maintenue, particulièrement riche en espèces des lisières et des sous-bois clairs, chauds et ensoleillés : Laiche des montagnes (Carex montana), Céphalanthère rouge (Céphalanthera rubra), Fumana couché (Fumana procumbens), Céphalanthère à grandes fleurs (Cephalanthera damasonium), Primevère officinale blanchâtre (Primula veris ssp. canescens), Lys martagon (Lilium martagon), Crépide rongée (Crepis praemorsa), Violette étonnante (Viola mirabilis) ou Faux-Baguenaudier (Hippocrepis emerus), par exemple.

Ces forêts clairiérées ont été progressivement défrichées, mises en culture ou pâturées puis partiellement abandonnées conduisant à l’apparition de pelouses sèches qui se maintiennent dans les espaces interstitiels sur des sols rendziniformes issus de la dégradation du sol brun forestier. Sur les pentes plus fortes, l’érosion rend le sol encore plus minéral et conditionne des pelouses sèches pierreuses. Citons parmi d’autres plantes remarquables sur ces milieux l’Aster amel (Aster amellus), l’Epiaire d’Allemagne (Stachys germanica), la Véronique d’Autriche à feuilles de germandrée (Veronica austriaca ssp teucrium), le Cirse tubéreux (Cirsium tuberosum), le Peucédan à feuilles de carvi (Holandrea carvifolia) et l’Orchis militaire (Orchis militaris). Le retour vers la forêt s’effectue ensuite par l’apparition d’une fruticée d’arbustes épineux accompagnées d’espèces fuyant le plein soleil comme la Phalangère rameuse (Anthericum ramosum), puis d’arbustes non épineux avant qu’enfin les chênes ne fassent leur retour. L’ensemble de ces stades s’observent encore aujourd’hui dans des états de conservation variés.

Certaines parcelles de vignes peuvent accueillir le Muscari botryoïde (Muscari botryoides) et la Gagée velue (Gagea villosa), deux plantes pas si rares dans les vignobles mais qui ont régressé du fait des pratiques agricoles (engrais et désherbants chimiques).

Les insectes sont mal connus et seul le Petit Sylvain (Limenitis camilla) a été mentionné sur ce site pourtant très favorable aux espèces thermophiles ou xérophiles.

L’ensemble du site est remarquable par son avifaune typique des collines : le Bruant zizi (Emberiza cirlus), l’Alouette lulu (Lullula arborea), mais aussi la Bondrée apivore (Pernis apivorus), nicheuse régulière, et surtout la Chevêche d'Athéna (Athene noctua). Cette chouette des milieux ouverts recherche des cavités d’arbres pour nicher. La ZNIEFF héberge un noyau de population important qui profite des vieux fruitiers et des nichoirs posés à son intention.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

883
ha de surface
5
communes
3
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (11)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (23)

Appellations d'origine (65)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

3 133,1 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Vignes 1 887,9 ha
Maïs grain et ensilage 454,5 ha
Prairies permanentes 375,5 ha
Blé tendre 174,7 ha
Fourrage 62,8 ha
Vergers 31,2 ha
Prairies temporaires 26,2 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 25,5 ha
Autres cultures industrielles 14,2 ha
Tournesol 13,8 ha

Communes (5)