LA ZONE ALLUVIALE DE JUMIÈGES

ZNIEFF_II Code : 230031041

841 ha 3 communes
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Localisation

Présentation

LA ZONE ALLUVIALE DE JUMIÈGES est une zone protégée de type ZNIEFF_II, couvrant 841 hectares sur 3 communes. Cette zone inclut 2 forêts publiques. Elle comprend 5 298,6 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Au sein de la Vall e de la Seine aval, les marais de la boucle de Jumi ges s tendent sur les communes de Jumi ges l aval et du Mesnil-sous-Jumi ges l amont. Ils sont inscrits sur des terrains alluvionnaires (essentiellement des limons, argiles, sablons ) r cents, entre le fleuve, la for t de Jumi ges, et l agglom ration de Jumi ges.

Sur plus de huit cents hectares, cette zone humide constitue une entit cologique de premier ordre pour la r gion.

En effet, si les zones humides alluviales sont d grad es et r gressent fortement depuis plusieurs d cennies, particuli rement les marais de la basse Vall e de la Seine, cette zone conserve encore des milieux de grande qualit . Au c ur de cette ZNIEFF de type II, le sous-ensemble qui concentre les habitats, la flore et la faune de plus grand int r t est reconnu en ZNIEFF de type I Marais de Jumi ges (code national 230030749 ; 285,3 ha).

L int r t de cette zone est notamment li son caract re plus ou moins humide : m me si les digues emp chent les crues de la Seine de recouvrir les prairies, les fortes pr cipitations et les remont es de la nappe peuvent inonder les secteurs les plus d prim s. Ces inondations constituent, dans une certaine mesure, une contrainte pour les activit s agro-pastorales, mais elles favorisent le d veloppement d habitats, d une flore et d une faune souvent remarquables.

Ces terres lourdes ont donc une vocation essentiellement herbag re. Les prairies m sohygrophiles et hygrophiles (alliances phytosociologiques de l Arrhenatherion elatioris - sous-alliance du Colchico-Arrhenatherenion - et du Bromion racemosi) y sont fauch es et/ou p tur es, selon un r gime souvent mixte : d abord une fauche, souvent en juin, puis une mise l herbe estivale des animaux. Leur utilisation agricole est plus ou moins intensive.

Des secteurs d affleurement de tourbe alcaline permettent le d veloppement de v g tations de bas-marais de tr s grand int r t biologique, avec notamment des groupements rares dans la r gion comprenant le Cirse des Anglais (Cirsium dissectum) et le Jonc subnoduleux (Juncus subnodulosus).

Quelques-unes de ces prairies de fauche parmi les plus extensives et humides abritent le groupement du Senecio aquatici-Oenanthetum silaifoliae particuli rement rare et menac dans les vall es du Nord de la France.

Dans certaines d pressions se d veloppent des formations hygrophiles (groupements de l Eleocharo palustris-Oenanthetum fistulosae, de l Alopecuretum geniculati s.-l., du Phalaridetum arundinaceae s.-l., ). Des mares et/ou foss s abritent des formations Œnanthe aquatique (Oenanthe aquatica) et Rorippe amphibie (Rorippa palustris) -de l Oenantho-Rorippetum amphibiae-,

Les r seaux de haies vives et d alignements de saules et fr nes, le plus souvent taill s en t tards, structurent le paysage, avec les r seaux de foss s, de mares et de d pressions humides.

Une vaste exploitation de granulats a ouvert le c ur du marais sur les deux communes de Jumi ges et du Mesnil-sous-Jumi ges. Une bonne partie est d ores et d j r am nag e en base de loisirs. Les berges sont en cours de recolonisation par la v g tation h lophytique et hydrophytique, bien que le model des berges ne soit pas sp cialement am nag en ce sens.

En flore, deux taxons parmi les plus remarquables sont l galement prot g s : le S ne on des marais (Senecio paludosus) et la Gesse des marais (Lathyrus palustris).

Les autres esp ces d terminantes de ZNIEFF (exceptionnelles assez rares en Haute-Normandie) comptent notamment : les exceptionnels Eleocharide une glume (Eleocharis uniglumis) et Stellaire des marais (Stellaria palustris) ; les tr s rares S ne on aquatique (Senecio aquaticus), Butome en ombelle (Butomus umbellatus), Plantain d eau lanc ol (Alisma plantago-aquatica) et Épilobe des marais (Epilobium palustre) ; les rares Œnanthes feuilles de Silaus, fistuleuse et aquatique (Oenanthe silaifolia, O. fistulosa, O. aquatica) ; l Euphorbe des marais (Euphorbia palustris), le Colchique des pr s (Colchicum autumnale), la V ronique en cus (Veronica scutellata),

Les La ches aigu , bleu tre et raide (Carex acuta, C. panicea, C. elata) sont respectivement tr s rares rares.

Les taxons assez rares comprennent entre autres le Dactylorhize n glig (Dactylorhiza praetermissa), l Orge faux-seigle (Hordeum secalinum), le Brome rameux (Bromus racemosus), le Pigamon jaune (Thalictrum flavum),

Ce sont essentiellement les prairies tourbeuses ou paratourbeuses, les d pressions longuement inondables, les foss s et les mares qui concentrent les stations v g tales les plus int ressantes, essentiellement dans la partie en ZNIEFF de type I. Au-del de ce noyau, les esp ces en pr sence sont souvent des taxons assez rares (Hordeum secalinum, Bromus racemosus, ).

Outre cet int r t floristique de haut niveau, ces marais abritent galement une faune pr cieuse :

- l exceptionnel R le des gen ts (Crex crex) vit dans les prairies de fauche les plus extensives et humides et leurs abords non fauch s (cari aies, m gaphorbiaies ). Il s'agit de l un des oiseaux les plus rares et menac s au niveau international, cet effet inscrit sur la liste des "Oiseaux en danger dans le monde".

- la Chev che d Ath na (Athene noctua) se reproduit dans de vieux saules ou fr nes t tards dont elle utilise les cavit s, l instar du Rougequeue front blanc (Phoenicurus phoenicurus),

- le rare Faucon hobereau (Falco subbuteo) utilise de vastes terrains de chasse et niche dans les haies ou les bosquets,

- passereaux assez rares dans la r gion, le Tarier des pr s (Saxicola rubetra) et la Bergeronnette printani re (Motacilla flava) sont recens s un peu partout dans les prairies de fauche,

- de nombreux oiseaux d eau migrateurs utilisent les gravi res, les prairies inond es, les mares et d pressions humides lors de haltes migratoires.

Si les gravi res ont fait dispara tre de vastes tendues de marais de tr s grand int r t, elles permettent malgr tout aujourd hui la pr sence de quelques esp ces reproductrices int ressantes (Martin-p cheur d Europe, Petit Gravelot, Hirondelle de rivage, ).

L entomofaune ne reste que partiellement connue.

Plusieurs esp ces d terminantes de Znieff ont n anmoins t not es : parmi les odonates, citons l Agrion mignon (Coenagrion scitulum), probablement assez rare dans la r gion, et surtout l'Agrion yeux rouges (Erythromma najas), class NT sur LR 2022 des Odonates de Normandie. Et en orthopt res, le Conoc phale des Roseaux (Conocephalus dorsalis).

La batrachofaune comprend tr s probablement plusieurs esp ces int ressantes, dont la plus remarquable serait le Crapaud calamite (Bufo calamita), class VU sur LR 2022 des Amphibiens de Normandie.

Il convient de noter que cette ZNIEFF est en partie incluse dans deux zonages Natura 2000 : la ZSC FR2300123 "Boucles de la Seine Aval", et la ZPS FR2310044 "Estuaire et marais de la Basse Seine".

Cette zone conna t des volutions importantes de ses paysages et de ses habitats depuis plusieurs d cennies. L exploitation du sous-sol m riterait ainsi d tre limit e pour conserver des surfaces suffisantes de milieux humides fonctionnels. Dans l id al, des r am nagements vocation cologique sur une partie au moins du site d extraction de granulats permettraient, potentiellement, d augmenter la biodiversit g n rale des gravi res et l int r t de la zone.

Les facteurs les plus importants de l volution de ces marais sont li s aux difficult s de l levage, qui peuvent amener certains agriculteurs transformer les prairies humides. Celles-ci risquent alors d tre plant es en peupliers ou abandonn es. A l oppos , une trop forte intensification agricole dans un souci de meilleure rentabilisation des terres g n re une banalisation de la flore et de la faune. Par ailleurs, certains secteurs plus longuement ressuy s ont t mis en culture.

Aussi, le soutien des pratiques de fauche et de p turage extensives se r v le indispensable pour maintenir la qualit biologique du marais et pour p renniser sa fonctionnalit et son int r t paysager traditionnel, notamment dans un secteur de forte fr quentation touristique.

Des milieux naturels de qualit constituent en effet de vrais atouts pour le d veloppement du tourisme rural.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type II delimite un grand ensemble naturel riche et peu modifie. C'est un inventaire ecologique sans contrainte reglementaire directe, mais pris en compte dans les schemas de planification regionale (SCOT, SRADDET). Les projets significatifs dans cette zone doivent demontrer la prise en compte du patrimoine naturel inventorie.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

841
ha de surface
3
communes
29
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (2)

Appellations d'origine (5)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

4 346,6 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 2 697,9 ha
Maïs grain et ensilage 628,7 ha
Blé tendre 215,5 ha
Vergers 194,5 ha
Fourrage 168,5 ha
Prairies temporaires 142,8 ha
Plantes à fibres 82,2 ha
Gel (surfaces gelées sans production) 56,6 ha
Orge 50,5 ha
Protéagineux 28,3 ha

Communes (3)