LE BOIS DE PÎTRES

ZNIEFF_I Code : 230030858

306 ha 4 communes
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Localisation

Présentation

LE BOIS DE PÎTRES est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 306 hectares sur 4 communes. Cette zone inclut 1 forêt publique. Elle comprend 889,8 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

L'intérêt de la ZNIEFF concerne un boisement, localisé sur une butte, dont la nature ces peuplements est liée à la nature du substrat et aux activités anthropiques (coupes, plantations, aménagement cynégétiques, etc.). La Chênaie-hêtraie à houx constitue la formation principale recensée dans ce secteur. Elle se caractérise par la présence du Houx (Ilex aquifolium), du Fragon petit-houx (Ruscus aculeatus), du Néflier (Mespilus germanica), de la Canche flexueuse (Deschampsia flexuosa), etc. , du fait des activités sylvicoles, cette formation concerne souvent des boisements jeunes. Bien que le boisement soit localement dégradé par l’enrésinement (plantation de Pin sylvestre et de sapin), il subsiste encore des secteurs en bon état de conservation.

Ainsi, le Bois de Pîtres abrite encore un petit cortège d’espèces peu fréquentes en Haute-Normandie. Il s'agit de la Gesse des montagnes (Lathyrus linifolius) et de l'Épilobe rosé (Epilobium roseum). Ces deux plantes, respectivement considérée comme assez rare et rare, sont déterminantes pour la création de ZNIEFF. La première a été observée à de nombreuses reprises le long de «la Grande ligne» (chemin central) et au sein de quelques ourlets sablonneux. La seconde, moins fréquemment recensée, se développe le long de «la Grande ligne», de quelques pistes et à l’est du boisement (zone de chasse). La Bruyère cendrée (Erica cinerea), peu commune et déterminante ZNIEFF, se répartissait en 1999 sur une surface relativement importante. Les effectifs de cette espèce se sont depuis fortement restreint (deux à trois pieds observés à la jonction de «la Grande ligne» et des lignes haute tension). Dans cette zone, la Callune croît également en très faible effectif (quelques rares pieds localisés en bordure de chemin). Les plantations récentes et les travaux sylvicoles (fermeture des milieux) pourraient expliquer la disparition de ces plantes liées aux landes sèches.

Localement, le long de chemin, se développe l’Épervière de Savoie (Hieracium sabaudum), plante considérée comme assez rare.

Sous les lignes haute tension, un entretien régulier favorise le développement d’ourlets forestiers acidophiles dominés par la Fougère aigle (Pteridium aquilinum), la Callune (Calluna vulgaris), la Digitale pourpre (Digitalis purpurea), etc.

Sur le plan faunistique, les cortèges de vertébrés incluent des éléments caractéristiques des vieilles forêts (oiseaux cavernicoles, chauves-souris). Parmi les oiseaux, on trouve des espèces forestières à grand territoire telles que la Bondrée apivore (Pernis apivorus), le Pic mar (Dendrocopos medius) et le Pic noir (Dryocopus martius) Les coupes accueillent l’Engoulevent d’Europe (non localisé, donnée GONm) et le Busard St-Martin (Circus cyaneus), tous les deux nicheurs. Les prospections chiroptérologiques montrent une bonne diversité avec notamment la Pipistrelle de Kuhl (Pipistrellus kuhli), la Noctule commune (Nyctalus noctula) et le Murin de Natterer (Myotis nattereri), tous trois déterminants ZNIEFF, rares ou très rares selon les espèces.

Concernant les amphibiens, on note la présence d’importantes populations de Salamandre tachetée (Salamandra salamandra), espèce assez commune, réparties dans l’ensemble du boisement. Le Triton palmé (Triturus helveticus) et le Triton alpestre (Triturus alpestris) se reproduisent dans des petites retenues d’eau artificielles localisées sur les flancs est du boisement. Ces deux espèces associées sont déterminantes ZNIEFF en Haute-Normandie.

L’entomofaune paraît largement favorisée par la diversité de micro-habitats. Les densités de Lépidoptères sont élevées sur les lisières, dans les clairières et dans les larges allées forestières. On retiendra la présence du Sylvain azuré (Azuritis reducta), du Petit Mars changeant (Apatura ilia) et du Grand Mars changeant (Apatura iris), tous trois rares et déterminants ZNIEFF en Haute-Normandie. Les habitats herbacés sont trop exigus ou ombragés pour accueillir de nombreux Orthoptères, mais une sauterelle non répertoriée en Normandie, le Barbististe des bois (Barbitistes serricauda), a été découverte sur la Grande Ligne qui traverse le bois du Nord au Sud. La partie sud du boisement se localise sur l’axe des coteaux de la Seine, sur lequel se déplacent à la fois des insectes thermophiles et des grands mammifères (lien avec les boisements de la vallée de l’Andelle).

La diversité des habitats de cette ZNIEFF est favorable au développement d’une faune et d’une flore remarquables. Cependant, la pérennité de ces espèces est principalement menacée par les activités anthropiques exercées sur le site. En effet, la Chênaie-Hêtraie acidophile en bon état de conservation est globalement plus rare que la Chênaie-Hêtraie enrésinée. Les landes relictuelles sont progressivement remplacées par les plantations.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

306
ha de surface
4
communes
2
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (1)

Appellations d'origine (5)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

887,1 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Blé tendre 352,9 ha
Prairies permanentes 187,7 ha
Colza 148,2 ha
Orge 68,9 ha
Maïs grain et ensilage 36,3 ha
Protéagineux 33,1 ha
Autres cultures industrielles 28,8 ha
Plantes à fibres 27,3 ha
Divers 3,8 ha
Autres céréales 0,1 ha

Communes (4)