Marais de Saint-Cirq-Madelon

ZNIEFF_I Code : 730010338

68 ha 3 communes
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Localisation

Présentation

Marais de Saint-Cirq-Madelon est une zone protégée de type ZNIEFF_I, couvrant 68 hectares sur 3 communes. Elle comprend 253,7 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Le marais de Saint-Cirq-Madelon ou de la Gaulie est une zone humide marécageuse se développant à la confluence de différents ruisseaux : la Melve, la Marcillande et le Lizabel. Ces milieux humides s’expriment ici du fait de la topographie du site marquée par un large bas-fond humide vers lequel convergent les ruisseaux cités précédemment. En effet, le site constitue la première large zone d’expansion des eaux, les ruisseaux étant encaissés plus en amont au fond de vallons entaillant une formation de couverture argilo-sableuse tertiaire nappant des calcaires jurassiques et crétacés, caractéristique de la Bouriane. Plus en aval, les cours d’eau rassemblés forment alors le ruisseau de la Mouline, affluent de la Dordogne. Ce marais, en partie asséché du fait des drainages réalisés pour l’aménagement de la retenue de la Mouline, est aujourd’hui dominé par des boisements marécageux.

La formation dominante est une aulnaie marécageuse, habitat rare dans la région. On trouve également des saulaies marécageuses à Saule cendré (dominées par le Saule roux, Salix atrocinerea), mais aussi dans les secteurs d’eau courante des formations de type aulnaie-frênaie. Les milieux ouverts, relictuels depuis l’abandon des pratiques agricoles (fauchage des prairies humides), sont assez dispersés et représentés par des cariçaies à Laîche paniculée (Carex paniculata), mais aussi par des bas-marais à Choin noirâtre (Schoenus nigricans) [bien que cette espèce soit absente du site], des prairies à Molinie (Molinia caerulea), mais aussi des cladiaies. Cette dernière formation est particulièrement remarquable du fait de sa grande rareté régionale, mais aussi par son espèce dominante, le Marisque (Cladium mariscus), espèce inscrite en liste rouge et protégée à l’échelon régional.

L’intérêt de cette zone humide réside en particulier dans sa richesse végétale avec la présence de nombreuses espèces patrimoniales. Les formations herbacées et les cariçaies aux sols tourbeux permettent l’expression d’espèces remarquables telles que le Mouron délicat (Anagallis tenella), le Cirse découpé (Cirsium dissectum), l’Orchis des Charentes (Dactylorhiza elata subsp. sesquipedalis), l’Écuelle d’eau (Hydrocotyle vulgaris), le Trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata)…, mais également des plantes protégées comme l’Épipactis des marais (Epipactis palustris, protection départementale), ou inscrites en liste rouge régionale comme l’Œnanthe de Lachenal (Oenanthe lachenalii). Les formations arborescentes, dont les sous-bois sont proches des cariçaies, peuvent abriter certaines espèces citées précédemment, mais aussi des espèces particulièrement remarquables comme la Fougère des marais (Thelypteris palustris), protégée en région Midi-Pyrénées. Cette espèce est en forte régression en France du fait notamment du drainage ou du comblement généralisé des zones humides. Concernant la faune, le site présente une belle diversité entomologique notamment en odonates (libellules). Parmi les 6 espèces patrimoniales contactées, on remarquera en particulier la présence de la Cordulie à taches jaunes (Somatochlora flavomaculata), espèce très rare dans la région en plaine et liée aux zones marécageuses. Une belle population d’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale) est également signalée. D’autres insectes d’intérêt exploitent ces zones humides comme le Grillon des marais (Pteronemobius heydenii) et le Miroir (Heteropteus morpheus), petit papillon de la famille des Hesperidae, assez rare en plaine dans la région. Ces marais abritent également une des rares stations régionales connues d’un petit mollusque hygrophile d’intérêt communautaire et protégé en France : Vertigo moulinsiana. Parmi les oiseaux, le Pic mar est probablement nicheur dans les arbres les plus âgés des boisements marécageux tandis que le Râle d’eau niche dans les formations herbacées marécageuses comme les cariçaies et les roselières.

Cadre réglementaire

La ZNIEFF de type I est un inventaire ecologique, sans contrainte reglementaire directe. Toutefois, sa prise en compte est obligatoire dans les etudes d'impact environnemental et les documents d'urbanisme (PLU, SCOT). Tout projet d'amenagement dans cette zone doit demontrer qu'il ne porte pas atteinte aux especes et habitats inventories. La presence d'especes protegees peut imposer une demande de derogation au titre de l'article L411-2 du Code de l'environnement.

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

68
ha de surface
3
communes

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Appellations d'origine (22)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

250,9 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 131,3 ha
Prairies temporaires 78,9 ha
Maïs grain et ensilage 16,6 ha
Estives et landes 14,1 ha
Autres céréales 3,6 ha
Orge 3,4 ha
Fourrage 1,4 ha
Autres cultures industrielles 1 ha
Divers 0,6 ha

Communes (3)