Localisation
Présentation
Vallée du Viaur et ses affluents est une zone protégée de type ZNIEFF_II, couvrant 27 594 hectares sur 56 communes. Cette zone inclut 10 forêts publiques. Elle comprend 312 227,7 ha de surface agricole déclarée.
Source : INPN — PatriNat
La zone constitue une vaste ZNIEFF de type 2 de 27 376 ha, et représente une vallée encaissée, fortement boisée et peu pénétrable par endroits. Quelques prairies sont présentes sur le plateau, et certaines en fond de vallées dominées par l’agriculture. Des zones rocheuses accompagnées de landes sont également présentes. Plusieurs ZNIEFF de type 1 sont incluses dans ce vaste site.
La diversité des milieux sur le territoire permet la présence d’une faune et d’une flore variées. La rivière Viaur et ses affluents sont une zone favorable à la présence et à la reproduction de plusieurs espèces faunistiques inféodées aux milieux aquatiques (poissons, mammifères, crustacés et mollusques). Les versants boisés (principalement caducifoliés), les forêts riveraines et les zones rocheuses sont propices à la nidification de nombreuses espèces d’oiseaux peu communes. Elles permettent également la présence d’une flore caractéristique. Enfin, les milieux ouverts tels que les landes et les prairies humides, voire tourbeuses, permettent la reproduction de nombreuses espèces de faune et de flore, et constituent un territoire de chasse privilégié pour les espèces de rapaces qui nichent sur le site.
D’un point de vue floristique, diverses zones humides et tourbières complètent l’intérêt de la ZNIEFF avec la présence d’habitats remarquables de bas-marais et de buttes de sphaignes. On retrouve de nombreuses espèces floristiques caractéristiques des prairies fraîches à humides (voire tourbeuses), notamment trois espèces protégées en Aveyron : la Laîche à fruits velus (Carex lasiocarpa), la Linaigrette à larges feuilles (Eriophorum latifolium) et le Scirpe cespiteux (Trichophorum cespitosum). Plusieurs espèces rares du cortège des tourbières et prairies humides se rencontrent aussi sur le territoire comme par exemple l’Épipactis des marais (Epipactis palustris), la Pédiculaire des marais (Pedicularis palustris), le Comaret (Potentilla palustris), le Jonc filiforme (Juncus filiformis) ou encore le Jonc des Alpes (Juncus alpinoarticulatus). Les forêts de feuillus accueillent également des espèces floristiques et mycologiques intéressantes. Une espèce protégée au niveau régional est présente : la Sibthorpie d’Europe (Sibthorpia europaea), ainsi que deux espèces protégées en Aveyron : l’Ail des bruyères (Allium ericetorum) que l’on ne trouve que dans le Ségala et le Lévézou, et la Lobélie brûlante (Lobelia urens). Des espèces jugées rares à très rares en Aveyron sont également recensées comme l’Asplénium de Billot (Asplenium obovatum subsp. billotii), la Laîche des ombrages (Carex umbrosa), très rare et localisée dans la ripisylve du Viaur, ou encore le Chêne tauzin (Quercus pyrenaica), une espèce eu-atlantique en limite est de répartition. Côté champignons, on note la présence entre autres de Cortinarus humicola, Cystoderma granulosum, Hygrophorus mesotephorus, Panellus ringens, ou encore Strobilomyces strobilaceus. La faune est tout aussi importante et diversifiée (pour des informations plus complètes, se reporter aux bordereaux des ZNIEFF de type 1 associées). Les différents cours d’eau accueillent 10 espèces de poissons déterminants, dont trois sont jugées rares à assez rares dans le département de l’Aveyron : l’Anguille, le Toxostome et le Rotengle. Signalons notamment la présence de la Vandoise rostrée, espèce qui affectionne les cours d’eau de bonne qualité, bien oxygénés et généralement graveleux ou sablonneux. Côté invertébrés, on retrouve une espèce de crustacé : il s’agit de l’Écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) avec des effectifs allant de forts à faibles selon les localisations, et une espèce de mollusque qui a été recensée au milieu des années 1970 : la Moule perlière d’eau douce (Margaritifera margaritifera margaritifera). Aucune donnée récente n’est mentionnée depuis, mais sa survie sur le Viaur reste possible (Crochet, 2000). Les populations de batraciens sont diversifiées grâce à la présence sur le site de nombreuses micro-zones humides (mares, ruisselets...) avec le Triton marbré et la Grenouille agile, tous deux inscrits à l’annexe IV de la directive « Habitats ». Deux espèces de reptiles déterminants sont identifiées sur le territoire : le Lézard catalan qui affectionne les terrains rocheux, secs et bien ensoleillés, à végétation éparse d’affinités méditerranéennes, et à l’inverse le Lézard vivipare qui affectionne les contextes plus montagnards. Le site accueille également de nombreuses espèces d’oiseaux qui utilisent des biotopes variés pour se reproduire et/ou s’alimenter. Certaines sont rares ou gravement menacées au niveau régional ou national, d’autres voient leurs aires de répartition diminuer de manière plus ou moins importante. Tout d’abord, on peut observer des rapaces rupestres, comme le Faucon pèlerin et le Grand-Duc d’Europe, et des rapaces forestiers avec le Circaète Jean-le-Blanc et le Milan royal. Ce dernier utilise le site au printemps et en été pendant la reproduction, mais également en hiver puisqu’un dortoir hivernal se situe aux alentours de Réquista. De nombreuses espèces typiques des milieux agricoles sont également recensées dont la Pie-grièche à tête rousse, une espèce rare en Aveyron, la Pie-grièche grise, une espèce peu commune et localisée en Aveyron, la Chevêche d’Athéna ou encore le Pipit farlouse. Les mammifères sont aussi bien représentés avec notamment des espèces forestières, comme le Putois d’Europe et l’Hermine, tous deux peu communs en Aveyron, et la Loutre d’Europe bien présente dans la rivière Viaur et ses affluents. Enfin, deux espèces de coléoptères saproxyliques sont recensées (le taupin Ampedus praeustus et le charançon Prostomus mandibularis), ainsi qu’une espèce de sauterelle à affinités montagnardes, la Decticelle des alpages (Metrioptera saussuriana).
Cadre réglementaire
La ZNIEFF de type II delimite un grand ensemble naturel riche et peu modifie. C'est un inventaire ecologique sans contrainte reglementaire directe, mais pris en compte dans les schemas de planification regionale (SCOT, SRADDET). Les projets significatifs dans cette zone doivent demontrer la prise en compte du patrimoine naturel inventorie.
Chiffres clés
Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).
Protections environnementales
Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.
Forets publiques (10)
- Forêt Communale de Naucelle publique
- Forêt Communale de Saint-Laurent-du Lévezou publique
- Forêt Communale de Saint-Léons publique
- Forêt Domaniale de Brunes domaniale
- Forêt Domaniale des Grands Causses domaniale
- Forêt Sectionale de Comps-la-Grandville publique
- Forêt Sectionale de Durenque publique
- Forêt Sectionale de Frejamayoux publique
- Forêt Sectionale de Longviala publique
- Forêt Sectionale de Maury publique
Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (1)
Appellations d'origine (20)
- Agneau de l'Aveyron IGP
- Agneau de Lozère IGP
- Aveyron IGP
- Bleu des Causses AOC
- Canard à foie gras du Sud-Ouest IGP
- Comté Tolosan IGP
- Confit d'oie du Sud-Ouest (demande de reconnaissance en IGP) PNT
- Côtes de Millau AOC
- Côtes du Tarn IGP
- Foie gras d'oie du Sud-Ouest PNT
- Gaillac AOC
- Gaillac premières côtes AOC
- Génisse Fleur d'Aubrac IGP
- Jambon de Bayonne IGP
- Oie du Sud-Ouest (demande de reconnaissance en IGP) PNT
- Pérail IGP
- Porc du Sud-Ouest IGP
- Roquefort AOC
- Veau d'Aveyron et du Ségala IGP
- Volailles du Languedoc IGP
Activité agricole
Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.
304 466,3 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)